Jeudi 27 mars, 18h15-19h30 :
Tout a commencé le mercredi 26 mars. Tout juste sortie des agapes du week-end de Pâques, je me préparais à me replonger dans le dur univers d’Abattoir… ah…ben non…personne…bon, retour en arrière, on rembobine et même trajet le lendemain.
Je n’avais pas dit mon dernier mot ! Cette fois tout est là. Fin de journée ; tout le monde est un peu fatigué. On parle d’une chaise que personne ne voit et puis pose clope et gâteau au chocolat (j’apprends alors de source sûre que Claire fait des gâteaux au chocolat presque tous les jours et qu’ils sont terrrrrriblement bons). Bon, il faut se lancer dans le filage… Où est passé Christophe ? On le dit enfermé dans les toilettes, vraisemblablement un des pièges des coulisses. Claire et J-B se précipitent !... et Christophe surgit de derrière les lamelles de plastique provoquant un éclat de rire général. Bon, on y va…
…Bruits métalliques d’usine, frigo assourdissant, Joey Ramone ; douceur d’un petit jazz. J’ai des frissons quand Edith finit son texte comme un cri ! Tous les trois ont trouvé le ton juste, l’émotion. « and I think to myself…what a wonderful world… » chante Louis Armstrong. En fait, non...il n’est pas merveilleux pour tout le monde. C’est dur. Je tremble en pensant que tout ça est vrai.
Auteur-témoin: Alexandra Billon
lundi 31 mars 2008
Immersion... Jeudi 27 mars
Aujourd'hui, ça y est, je vois vraiment une partie du spectacle, avec les acteurs-danseurs, les lumières… Beaux effets de lumière: elle s'exprime tantôt sous une douche, tantôt en dehors. Un personnage est éclairé derrière un rideau. Je suis captivée, happée par ce qui se trame, je scrute, je passe mon temps à relever les effets recherchés. Ils paraissent toujours naturels au spectateur, et pourtant je sais qu'ils représentent des heures de travail…
Entre et autour de ces rideaux blancs,
Des corps meurtris, affligés de la souffrance de cet abattoir, au fond une souffrance unique transparaît, comme la lumière rouge qui perce derrière le rideau: animale ou humaine, il s'agit toujours d'un désossage, de carcasses lourdes et presque inanimées.
Les corps flanchent, la chair est blessée en son cœur, quand l'un reste debout c'est par révolte, explosion de haine. On se retrouve aussi affligé par cette masse trop pesante, cette sensation pénible. Une affliction au cœur, à l'âme et au corps que tous partagent: bêtes, personnages, spectateurs. Immersion dans la douleur exposée, elle éclate violemment au grand jour.
Les corps se relèvent mais
Les corps chutent à nouveau
Les corps se meuvent difficilement, dans les mouvements de danse on perçoit tout de même des résistances d'humanité. Perdue, retrouvée en partie…
Des corps titubent, vacillent... Ces personnages sont paumés, abrutis de cette monstruosité qui les blesse, les assassine peu à peu, marqués de transgression.
La monstruosité est bien là: des âmes qui perdent leur humanité, des esprits qui deviennent fous, des corps qui subissent la même douleur que les bêtes, sauf que les humains eux ne sont jamais abattus complètement, ils doivent se lever tous les jours pour aller à l'abattoir…
Immersion dans la monstruosité d'un abattoir…
Des corps humains et animaux mêlés, où l'abattage ne s'arrête jamais, il faut toujours couper "le cuir", gratter la peau, arracher la chair… Qu'y a-t-il derrière la chair, que reste-t-il dans les corps déjà mutilés?
Je m'extrais difficilement, je dois partir prendre mon bus, il faut vite se laver de cette noirceur, sortir de cette douleur.
Auteur-Témoin: Anaïs Gerbaud
Entre et autour de ces rideaux blancs,
Des corps meurtris, affligés de la souffrance de cet abattoir, au fond une souffrance unique transparaît, comme la lumière rouge qui perce derrière le rideau: animale ou humaine, il s'agit toujours d'un désossage, de carcasses lourdes et presque inanimées.
Les corps flanchent, la chair est blessée en son cœur, quand l'un reste debout c'est par révolte, explosion de haine. On se retrouve aussi affligé par cette masse trop pesante, cette sensation pénible. Une affliction au cœur, à l'âme et au corps que tous partagent: bêtes, personnages, spectateurs. Immersion dans la douleur exposée, elle éclate violemment au grand jour.
Les corps se relèvent mais
Les corps chutent à nouveau
Les corps se meuvent difficilement, dans les mouvements de danse on perçoit tout de même des résistances d'humanité. Perdue, retrouvée en partie…
Des corps titubent, vacillent... Ces personnages sont paumés, abrutis de cette monstruosité qui les blesse, les assassine peu à peu, marqués de transgression.
La monstruosité est bien là: des âmes qui perdent leur humanité, des esprits qui deviennent fous, des corps qui subissent la même douleur que les bêtes, sauf que les humains eux ne sont jamais abattus complètement, ils doivent se lever tous les jours pour aller à l'abattoir…
Immersion dans la monstruosité d'un abattoir…
Des corps humains et animaux mêlés, où l'abattage ne s'arrête jamais, il faut toujours couper "le cuir", gratter la peau, arracher la chair… Qu'y a-t-il derrière la chair, que reste-t-il dans les corps déjà mutilés?
Je m'extrais difficilement, je dois partir prendre mon bus, il faut vite se laver de cette noirceur, sortir de cette douleur.
Auteur-Témoin: Anaïs Gerbaud
jeudi 27 mars 2008
Réglages techniques - Mardi 25 mars (10h, 13h45)
Alors que les rideaux blancs sont installés au centre de la scène, l'équipe commence à s'agiter. Problèmes d'entrées et sorties de scène vite réglés, déplacements des pans de murs, tests de sons, musiques, lumières… Cette matinée -et toutes les autres, me confie Anne Théron- est destinée à la technique. Quand je reviens, tout n'est pas encore au point. D'abord des échauffements puis de longs tests de musiques et lumières. Je suis un peu frustrée: j'aurai vu si peu de choses aujourd'hui… Mais au fur et à mesure des changements sonores et lumineux, je me plonge dans une ambiance étrange, qui me semble bien être celle recherchée par "Abattoir". Je commence par relever les différents types de lumières: clair-obscur, blanche mortuaire, éclairages du sol, du haut des rideaux et de leurs chaînes… Je suis bercée par les variations d'intensité. Une sorte de lumière retient mon attention: jaune avec des percées rouges, projetée derrière les rideaux, serait-ce le sang de l'abattoir que l'on tente de dissimuler?
Quant aux musiques, je suis traversée par différentes émotions: si la première, un bruit de vagues me laisse plutôt indifférente, la deuxième me perturbe. Elle est tantôt prenante, tantôt monotone. Destructrice mais lente, des à-coups. Différents types de percussions mais un son mécanique, répétitif, envahissant. Assourdissant. Abrutissant. Annihilant. Avilissant. Abattoir…
La seule ambiance créée par les sons et les lumières en dit long sur le choc à venir devant le résultat final d'"Abattoir"…
Auteur-témoin: Anaïs Gerbaud
Quant aux musiques, je suis traversée par différentes émotions: si la première, un bruit de vagues me laisse plutôt indifférente, la deuxième me perturbe. Elle est tantôt prenante, tantôt monotone. Destructrice mais lente, des à-coups. Différents types de percussions mais un son mécanique, répétitif, envahissant. Assourdissant. Abrutissant. Annihilant. Avilissant. Abattoir…
La seule ambiance créée par les sons et les lumières en dit long sur le choc à venir devant le résultat final d'"Abattoir"…
Auteur-témoin: Anaïs Gerbaud
mercredi 26 mars 2008
What a wonderful world...
Le rideau de plastique blanc forme maintenant un U, fond de scène et côtés plateau. ¾ d’une boîte de quelques m².
Le noir, trois points de lumière dans la boîte. Dans ces points de lumière, les comédiens agenouillés, qui tombent au sol, se relèvent, retombent, dans un mouvement continu qui vient rythmer la parole. Régis parle. Du désossage des bêtes. De ses propres os qui trinquent.
Puis à nouveau, noir.
La lumière revient sur Edith qui se relève, sort péniblement en fond de scène, et reparaît à travers le rideau, éclairée comme une chanteuse de Music-Hall. D’ailleurs, on entend une musique. Douce, nonchalante.
Elle avance sur la scène, on la voit à contre-jour. Ça parle de blessures, encore. Puis Christophe enchaîne sur les cadences toujours plus effrénées, sur la « fuite en avant ». Il est derrière le rideau, flouté. L’ombre d’Edith est toujours en avant-scène, les cheveux dans le visage, les cheveux qui retombent sur le visage.
Le son : l’écho métallique des corps qui tombent, des respirations. Des gouttes d’eau. Les voix au micro, leur réverbe. Et, une fois le plateau nu, « What a wonderful world », la voix chaude et profonde de Ray Charles.
Trois tâches d’une faible lumière qui apparaissent dans le noir. Des silhouettes sombres qui se redressent, qui sont en train de se redresser. C’est d’abord leur dos qui est éclairé, puis leur tête, le crâne et enfin le visage. La tâche de lumière dessine le sombre des vêtements, la clarté de la peau. Trois silhouettes à genoux qui marquent un temps de suspension, mains sur les cuisses, regard droit et vide, avant de basculer encore, de plus en plus, jusqu’à la chute. Lourde et fatiguée. Et se relèvent, encore, à nouveau dos, tête, visage, lumière pâle sur la peau. Un bruit de fond bourdonnant, lourd, opaque. Le bruit des chutes, des chutes des corps sur le bois du plateau. La respiration et la voix, monocorde, qui accompagnent les corps.
Un halo sur les corps fatigués. Un halo sur la peau.
Auteur-témoin: Véronique H.
Le noir, trois points de lumière dans la boîte. Dans ces points de lumière, les comédiens agenouillés, qui tombent au sol, se relèvent, retombent, dans un mouvement continu qui vient rythmer la parole. Régis parle. Du désossage des bêtes. De ses propres os qui trinquent.
Puis à nouveau, noir.
La lumière revient sur Edith qui se relève, sort péniblement en fond de scène, et reparaît à travers le rideau, éclairée comme une chanteuse de Music-Hall. D’ailleurs, on entend une musique. Douce, nonchalante.
Elle avance sur la scène, on la voit à contre-jour. Ça parle de blessures, encore. Puis Christophe enchaîne sur les cadences toujours plus effrénées, sur la « fuite en avant ». Il est derrière le rideau, flouté. L’ombre d’Edith est toujours en avant-scène, les cheveux dans le visage, les cheveux qui retombent sur le visage.
Le son : l’écho métallique des corps qui tombent, des respirations. Des gouttes d’eau. Les voix au micro, leur réverbe. Et, une fois le plateau nu, « What a wonderful world », la voix chaude et profonde de Ray Charles.
Trois tâches d’une faible lumière qui apparaissent dans le noir. Des silhouettes sombres qui se redressent, qui sont en train de se redresser. C’est d’abord leur dos qui est éclairé, puis leur tête, le crâne et enfin le visage. La tâche de lumière dessine le sombre des vêtements, la clarté de la peau. Trois silhouettes à genoux qui marquent un temps de suspension, mains sur les cuisses, regard droit et vide, avant de basculer encore, de plus en plus, jusqu’à la chute. Lourde et fatiguée. Et se relèvent, encore, à nouveau dos, tête, visage, lumière pâle sur la peau. Un bruit de fond bourdonnant, lourd, opaque. Le bruit des chutes, des chutes des corps sur le bois du plateau. La respiration et la voix, monocorde, qui accompagnent les corps.
Un halo sur les corps fatigués. Un halo sur la peau.
Auteur-témoin: Véronique H.
mardi 25 mars 2008
vendredi 21 mars 2008
vendredi 14 mars 2008
Réflexion sur le texte d'Abattoir
Un mot que je souhaite ajouter à tout ce qui a été si bien analysé touchant la représentation, le son, l'éclairage, la gestuelle, le travail des acteurs. Je suis en plein accord avec tout cela. C'est le texte qui m'a intéressée, et la façon dont il est traité: le témoignage des ouvriers qui aurait pu rester documentaire -en quoi il existait déjà pleinement- devient ici texte proféré. Il devient objet littéraire par une diction mate, sans la résonnance exhaussée d'une émotion explicite; mais aussi par une diction déliée, classique qui déploie les paroles et les pose, entières, dans une respiration régulière et forte. On parlera de minimalisme, et c'est juste si l'on considère le travail d'épure et de stylisation qui aboutit à une telle force: comprimer le ressenti dans le discours pour qu'il se transmette et se libère entier dans l'intériorité du spectateur, lui impose que se lève en lui sa propre émotion. Alors, le texte, servi avec autant de respect, devient un lien actif entre ceux qui l'ont produit et ceux qui le reçoivent.
Nicole
Nicole
jeudi 13 mars 2008
lundi 10 mars 2008
Loup y es-tu?
Pendant trois ans, entre 1764 et 1767, des meurtres ont été perpétués dans le Gévaudan, qui correspond à peu près à l’actuelle Lozère mais également en Ardèche, dans la Haute-Loire et le Cantal. Ces meurtres sont attribués à un animal mystérieux qui est rapidement baptisé « la bête du Gévaudan ».
Plus d’une centaine de personnes ont été tuées sauvagement : les cadavres sont retrouvés égorgés, décapités, déchiquetés.
De nombreuses études ont été menées pour identifier le mystère de la Bête du Gévaudan. Aujourd’hui l’énigme n’est toujours pas éclaircie.
Parmi les nombreux récits-témoignages de l’époque on peut lire :
« Une bête avec une très grosse tête, des flancs rougeâtres, avec une bande noire tout au long du dos, une queue très touffue, des pattes larges munies de grandes griffes. »
« On disait que la bête responsable de ce méfait était d’un autre monde, avait la taille d’un taureau, de grandes griffes dures comme de l’acier et des oreilles pointues ressemblant aux cornes du diable. Son poil était rougeâtre, avec une bande noire sur l’échine. »
L’hypothèse d’un gros loup ne tient pas debout car cet animal est bien connu des paysans de cette époque. On peut d’ailleurs constater qu’ils ne parlent pas d’un loup. Tous les zoologistes s'accordent à dire que le loup n'attaque pratiquement jamais l'homme. Bien au contraire, il le fuit. Bien que nous soyons au Siècle des Lumières, l’étude de la faune n’en est qu’à ses balbutiements. Aujourd’hui, on sait qu’aucun animal ne peut décapiter un homme. Il y a là une preuve évidente d’une intervention humaine.Des corps ont été entièrement déshabillés et des têtes n’ont jamais été retrouvées. A cette époque, on croit en Dieu mais aussi au Diable, aux sorciers et au loup-garou. Ces croyances « païennes » font partie intégrante du catholicisme. Dans un tel contexte où l’ignorance se mêle au mysticisme, la décapitation n’apparaît absolument pas étrange venant d’un animal.
A plusieurs reprises durant ces 3 ans, l’animal a été blessé. Il a été tiré soit à une certaine distance, soit à bout portant.Pourtant, il s’est toujours relevé pour s’enfuir. Ces faits ont bien sûr intensifié aux yeux de la population l’aspect démoniaque et surnaturel de la bête.
Notre peur de l’inconnu ne doit pas nous faire oublier que seul l’homme est capable de fantasmes pervers. L’animal se contente de tuer pour survivre et ne s’adonne jamais à des meurtres rituels quels qu’ils soient.
Les vieux démons ne sont pas près de mourir. L'arrivée de loups italiens dans le Parc National du Mercantour a provoqué une levée de boucliers de la part des éleveurs, chasseurs, etc., qui n'ont pas craint d'invoquer la mise en danger de la vie... humaine. Car une Bête monstrueuse, dans l'inconscient collectif, se profile toujours derrière les loups, avec lesquelles elle n'avait pourtant rien à voir.
Sources:
http://pagesperso-orange.fr/cryptozoo/
http://dinosoria.com/bete_gevaudan.htm
http://www.dark-stories.com/la_bete_du_gevaudan.htm
Plus d’une centaine de personnes ont été tuées sauvagement : les cadavres sont retrouvés égorgés, décapités, déchiquetés.
De nombreuses études ont été menées pour identifier le mystère de la Bête du Gévaudan. Aujourd’hui l’énigme n’est toujours pas éclaircie.
Parmi les nombreux récits-témoignages de l’époque on peut lire :
« Une bête avec une très grosse tête, des flancs rougeâtres, avec une bande noire tout au long du dos, une queue très touffue, des pattes larges munies de grandes griffes. »
« On disait que la bête responsable de ce méfait était d’un autre monde, avait la taille d’un taureau, de grandes griffes dures comme de l’acier et des oreilles pointues ressemblant aux cornes du diable. Son poil était rougeâtre, avec une bande noire sur l’échine. »
L’hypothèse d’un gros loup ne tient pas debout car cet animal est bien connu des paysans de cette époque. On peut d’ailleurs constater qu’ils ne parlent pas d’un loup. Tous les zoologistes s'accordent à dire que le loup n'attaque pratiquement jamais l'homme. Bien au contraire, il le fuit. Bien que nous soyons au Siècle des Lumières, l’étude de la faune n’en est qu’à ses balbutiements. Aujourd’hui, on sait qu’aucun animal ne peut décapiter un homme. Il y a là une preuve évidente d’une intervention humaine.Des corps ont été entièrement déshabillés et des têtes n’ont jamais été retrouvées. A cette époque, on croit en Dieu mais aussi au Diable, aux sorciers et au loup-garou. Ces croyances « païennes » font partie intégrante du catholicisme. Dans un tel contexte où l’ignorance se mêle au mysticisme, la décapitation n’apparaît absolument pas étrange venant d’un animal.
A plusieurs reprises durant ces 3 ans, l’animal a été blessé. Il a été tiré soit à une certaine distance, soit à bout portant.Pourtant, il s’est toujours relevé pour s’enfuir. Ces faits ont bien sûr intensifié aux yeux de la population l’aspect démoniaque et surnaturel de la bête.
Notre peur de l’inconnu ne doit pas nous faire oublier que seul l’homme est capable de fantasmes pervers. L’animal se contente de tuer pour survivre et ne s’adonne jamais à des meurtres rituels quels qu’ils soient.
Les vieux démons ne sont pas près de mourir. L'arrivée de loups italiens dans le Parc National du Mercantour a provoqué une levée de boucliers de la part des éleveurs, chasseurs, etc., qui n'ont pas craint d'invoquer la mise en danger de la vie... humaine. Car une Bête monstrueuse, dans l'inconscient collectif, se profile toujours derrière les loups, avec lesquelles elle n'avait pourtant rien à voir.
Sources:
http://pagesperso-orange.fr/cryptozoo/
http://dinosoria.com/bete_gevaudan.htm
http://www.dark-stories.com/la_bete_du_gevaudan.htm
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